Voir son chien manger ses propres excréments, ou ceux d’autres animaux, est un spectacle qui laisse souvent les propriétaires perplexes, désemparés et parfois même dégoûtés. Ce comportement, appelé coprophagie, est pourtant plus courant qu’on ne le pense dans le monde canin. Si elle est naturellement répugnante pour nous, humains, elle peut avoir des origines multiples, allant de l’instinct ancestral à des problèmes de santé sous-jacents. Comprendre pourquoi votre chien adopte ce comportement est la première étape indispensable pour l’en dissuader efficacement et préserver son bien-être. Paniquer ou le gronder sévèrement n’est souvent pas la solution et peut même aggraver le problème en le poussant à consommer ses selles en cachette. À travers cet article, nous allons explorer les causes possibles – médicales, comportementales et nutritionnelles – et vous proposer des stratégies concrètes, appuyées par les conseils d’experts, pour mettre fin à cette habitude dérangeante. Car un chien en bonne santé, bien nourri et mentalement stimulé a beaucoup moins de raisons de se comporter ainsi.
Les causes de la coprophagie sont variées et peuvent se combiner. Du point de vue médical, il est primordial d’écarter toute pathologie. Une maladie digestive (insuffisance pancréatique exocrine, parasitisme intestinal), une malabsorption des nutriments ou des carences peuvent pousser le chien à chercher dans les selles des éléments non assimilés. Une consultation chez le vétérinaire avec des analyses (sang, selles) est donc la première action à entreprendre. Sur le plan nutritionnel, une alimentation de mauvaise qualité, déséquilibrée ou trop riche en glucides peut entraîner une digestion incomplète, rendant les excréments encore appétents. Passer à une nourriture hautement digestible et riche en protéines de qualité peut faire la différence. Des marques comme Royal Canin, Hill’s Science Diet, Eukanuba ou Purina Pro Plan proposent des formules spécifiques. L’ajout de compléments comme la pulpe de betterave, la papaye ou des enzymes digestives (marque ProZyme) peut aussi aider. Selon le Dr. Martin, vétérinaire comportementaliste, « une supplémentation en vitamines B, souvent détruites lors des troubles digestifs, est parfois recommandée, mais toujours sous contrôle vétérinaire. »
Les raisons comportementales sont tout aussi fréquentes. Pour les chiots, c’est souvent de l’exploration orale, un comportement normal mais à rediriger. Chez l’adulte, cela peut provenir de l’ennui, du stress ou d’un manque de stimulation. Un chien laissé seul longtemps dans un endroit où se trouvent ses déjections peut les manger par désœuvrement. Un renforcement accidentel est aussi courant : un propriétaire qui court vers son chien en criant lorsqu’il s’approche de selles peut être perçu comme une invitation au jeu ! Une hygiène stricte est fondamentale : ramassez les déjections immédiatement. Pour rendre les selles moins attractives, il existe des additifs alimentaires comme Copronat ou Sectolin (marque CEVA) qui, donnés au chien, donnent un goût repoussant à ses excréments. Investissez dans l’enrichissement environnemental : jouets distributeurs de nourriture (marque Kong, Nina Ottosson), séances de jeu régulières et promenades variées stimulent son mental. L’éducation par la distraction et la rémunération est clé : apprenez-lui un ordre comme « laisse » ou « viens » et récompensez-le copieusement quand il s’éloigne des selles. Des marques comme Trixie ou PetSafe offrent des gamelles interactives excellentes pour occuper son chien.
Dans certains cas, la coprophagie peut être un comportement appris de la mère (qui nettoie le nid) ou un mimétisme envers d’autres chiens. La stérilisation peut parfois réduire les comportements compulsifs. Pour les chiens anxieux, des produits apaisants à base de phéromones (marque Adaptil) ou de L-Théanine (marque Anxitane) peuvent être utiles. Enfin, n’oubliez pas que la punition est contre-productive ; elle augmente l’anxiété et n’enseigne pas au chien ce qu’il doit faire à la place.
Alors, que retenir de cette exploration peu ragoutante mais nécessaire ? La coprophagie, bien que déplaisante, est un signal à décrypter. Elle vous invite à porter un regard attentif sur la santé digestive, l’alimentation et l’équilibre mental de votre compagnon. Agissez méthodiquement : consultez votre vétérinaire pour éliminer toute cause pathologique, réévaluez la qualité de sa gamelle avec des produits hautement digestibles (pensez aux gammes Specific ou Virbac), et combattez l’ennui à coups de jouets intelligents et d’activités partagées. Souvenez-vous des mots du Dr. Martin : « Un chien qui mange ses excréments ne fait pas un caprice, il exprime un besoin non satisfait. » Avec de la patience, de la constance et une approche bienveillante, vous pouvez l’aider à abandonner cette habitude.
Et pour garder le sourire, rappelez-vous « Un caca, ça se jette, ça ne se mange pas… même si pour lui, c’était tentant ! » 😄🐕
